Identifier le frein moteur

Et si les problèmes de santé, de mobilité, d’isolement, de garde d’enfant évoqués par les allocataires RSA interviewés, étaient la résultante d’un parcours de vie difficile et non l’inverse… ?

Un film et un rapport d’enquête

Ces deux outils ont été conçus à partir d’une enquête de terrain menée auprès de 31 travailleurs sociaux et 15 allocataires du RSA.
On y parle notamment du C.E.R. (Contrat d’Engagement Réciproque), base de la rencontre qui pourtant crée de la frustration, des malentendus, une forme de défiance réciproque…
Egalement de ce qui fait obstacle à la rencontre, comme un rdv ajourné au dernier moment, un remplacement non signalé, le ton d’une lettre, etc… Autant de petites choses qui créent des malentendus et instaurent un climat de défiance. Pourtant le besoin de rencontre, de parole vraie, authentique, est très fort de part et d’autre.

Enseignements majeurs qui ressortent de cette enquête :
– remettre la rencontre au cœur du travail social : c’est elle qui permet de créer le climat de confiance indispensable pour insuffler le changement
– une personne ne se résume pas à ses freins
– derrière les difficultés identifiées, il y a toujours un système de protection mis en place qui constitue le frein principal, le « frein moteur ».

Le frein moteur de Zoulouck

Le Pr Zoulouck naît avec une crête d’origine inconnue, ce qui lui vaut un accueil glacial dans sa famille et installe une rivalité durable avec son petit frère. Par ailleurs, en dehors de sa famille, Zoulouck se vit comme étant l’étranger, le vilain petit canard, ce qui lui vaut d’être rejeté régulièrement par les autres…
Cette arrivée sur terre a conditionné sa défiance vis-à-vis des autres qui s’exprime désormais de multiples façons. Elle se manifeste par exemple dans son rapport à l’alcool : « si j’ai tendance à picoler, à votre avis, c’est pour quoi ? Pour masquer mon malaise quand je suis confronté aux autres, pardi ! Du coup, pour me désinhiber, hop, je m’en jette quelques uns derrière la cravate ! Naturellement, ce n’est bon ni pour mon foie ni pour mon état psychologique, encore moins pour mes relations avec Bibiche. Tout ça renforce la mauvaise image que j’ai de moi, me file des angoisses que je combats avec des tocs ou des médocs ».

Quelques témoignages

Ce film est une mine, c’est percutant ! Ça pose les vraies questions sur la relation à l’usager. Je vais le proposer à l’équipe pour un temps de travail commun.

Une conseillère en insertion

Ce film permet de se mettre à la place de l’usager. On croit être dans l’écoute mais on ne l’est pas forcément, pris par l’urgence et le stress. Il nous dit de ne pas perdre de vue ce qui fait l’essence même de notre métier.

Une travailleuse sociale