Prévenir le décrochage scolaire et l’effet de groupe

Ce film d’animation (drôle et décalé) permet d’aborder avec un groupe de jeunes la question sensible du poids du groupe, de ses effets, tout en la rattachant au processus du décrochage scolaire.

 

Synopsis

Soudainement blessé par la vie, le Schdong se sent rejeté, perd confiance en lui. Pour se sentir protégé, il prend une carapace puis se cherche des alliés. Ensemble, ils se sentent rassurés, forts. Son comportement, sa vision des autres changent : sans nuances, en noir et blanc. Lui qui s’est senti rejeté, rejette à son tour. Dans la surenchère permanente avec ses potes, ils finissent par se faire exclure du collège… Le Schdong se rend alors compte que le groupe le protège et l’enferme à la fois. Mais il ne veut pas trahir sa seconde famille, ni s’en faire exclure. C’est un vrai tiraillement. Pour avancer, il ose faire de petites expériences seul, affronter quelques peurs. Il change peu à peu, comprend que le monde n’est pas aussi pourri qu’il le croyait, fait de nouvelles rencontres, rêve à de nouveaux projets. Et comme par hasard, la vie se met à lui sourire !

Contenu de l’outil

À travers le visionnage de ce film au ton humoristique et décalé, « les jeunes s’emparent de cet outil, de ce moment de parole qui les aide à élaborer leur pensée. À partir du moment où les mots sont posés sur le processus, on est dans la vraie compréhension et dans la prise de conscience. C’est pour ça que certains nous ont demandé de poursuivre », un enseignant.
L’outil permet de mettre en place des espaces de parole et de réflexion pour des petits groupes de jeunes (8 à 12), sur 5 à 8 séances :
– à partir du film le Schdong,
– en s’appuyant sur le manuel du professionnel pour construire les séances (fiches pratiques, éléments de réflexion, témoignages),
– et sur le carnet du jeune (où le Pr Zoulouck incite le jeune à s’interroger sur son propre parcours) pour garder une trace personnelle de ses réflexions et les partager avec des proches.

Un outil conçu à partir de témoignages de jeunes

2010. À l’initiative de la ville de Roubaix et du REAAP59-CAF du Nord, nous interviewons des parents, professionnels et jeunes roubaisiens sur le malaise ado, afin que leurs expériences puisse aider d’autres jeunes à mieux comprendre ce qui se joue.
Cette enquête de terrain révèle un énorme besoin de parole des jeunes, souvent inassouvi. Besoin de se dire, se raconter, parler vrai. Être écouté sans jugement, compris, valorisé. Besoin de comprendre son parcours, de mesurer qu’on n’est pas seul à vivre ces difficultés…

2013. La ville de Lille qui anime un groupe de travail sur le sujet, propose aux acteurs du territoire de s’emparer de l’outil. En 3 ans, plus de 100 professionnels sont formés, 500 jeunes touchés, 6 collèges, 5 centres sociaux, 2 clubs de prévention, 3 associations périscolaire, l’Académie de Lille.
La première année, les pionniers se lancent et au vu des effets générés, d’autres structures rejoignent le projet. Exemples emblématiques :
> collège prioritaire. 1ère formation du personnel médico-social, SEGPA, CPE. Action auprès de 2 classes de 4ème en impliquant les professeurs principaux. 2ème année : action généralisée à toutes les 4èmes ; des enseignants se forment. 3ème année, poursuite avec les 4èmes et les classes où il est important de travailler le vivre ensemble.
> coanimation enseignant/animateur centre social : des jeunes s’autorisent à parler d’eux autrement à l’enseignant, lui-même plus à l’aise à recevoir ce type de parole ; les jeunes se mettent à fréquenter le centre social ; les professionnels échangent entre eux sur les familles, les fratries…

Quelques impacts

Madame on a Schdong aujourd’hui ? (sans commentaires... !)

Des jeunes collégiens

Les enfants se chargent eux-mêmes de faire un retour à leurs parents, grâce à leur carnet. Une mère a déjà appelé le collège pour nous remercier d’avoir libéré la parole de son enfant.

Un enseignant

Les jeunes n’ont pour la plupart pas attendu le passage à l’écrit dans leur livret personnel pour évoquer des choses intimes et fortes : « c’est la première fois qu’on peut parler de ça, on ne savait pas qu’on pouvait en parler au collège ».

Une professionnelle de collège

Les élèves sont beaucoup moins impliqué dans des violences.

Une CPE

Les séances sont des moments privilégiés avec eux, sans qu’ils se sentent jugés. On peut débloquer des situations, et c’est un des éléments à mettre en place pour raccrocher un élève.

Un professionnel

Les adultes ont pris conscience que le décrochage est un processus, et que l’influence des pairs était prédominante. Ils sont plus attentifs aux signaux d’alerte des élèves, ça développe leur vigilance, ils ont une attention différente aux jeunes fragilisés.

Une direction